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L’outil coupant industriel en demi-teinte.

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MACHINES PRODUCTION - L’outil coupant industriel en demi-teinte

 

Faire un état du marché de l’outil coupant industriel nécessite de la précision. Car ce secteur est multiforme, suivant l’évolution des technologies aussi bien que celle des secteurs d’activité. L’avis de responsables d’organisations professionnelles permet de mieux éclairer le sujet pour les lecteurs de Machines Production.
Le secteur de l’outil coupant industriel dont il est question ici est composé principalement d’outils travaillant par enlèvement de copeaux, considérés comme des consommables. Parmi ceux-ci, on trouve des outils cylindriques et des outils prismatiques fixes. Les outils cylindriques effectuent des opérations de fraisage, perçage, alésage, taraudage, taillage et peuvent être en carbure monobloc, acier rapide HSS, à embout rapporté (brasé ou vissé) ou à plaquettes de coupe.

Ils peuvent être utilisés en rotation ou fixes suivant les machines et les broches utilisées. Ces outils sont monoblocs pour les petites dimensions (jusqu’à 15 à 25 mm de diamètre) et à plaquettes pour les plus grandes. Les outils dits fixes servent aux opérations de tournage extérieures et intérieures, tronçonnage, mortaisage, brochage.

Bien que directement lié au secteur de l’outil coupant, il n’est pas question ici des attachements d’outils, ni des porte-plaquettes et outillages annexes, plutôt considérés comme des biens d’équipements.
Cet article a été écrit après un entretien très ouvert avec deux acteurs reconnus du secteur : dirigeant la société Fraisa en France, Olivier Dumoulin est aussi président de la FIM-AC et de la CSC.

La FIM-Abrasifs et Carbures (FIM-AC) réunit deux syndicats professionnels membres de la fédération des industries mécaniques (FIM), le SNAS (Syndicat national des abrasifs et superabrasifs), et la CSC (Chambre syndicale des carburiers).

Quant à lui, Olivier Renaudin est dirigeant de la filiale française du fabricant d’outil coupants Emuge Franken et président du GECO, groupe des équipements, outils et outillage du Symop, organisation professionnelle des fabricants et importateurs de machines-outils et équipements de production, également rattachée à la FIM.

 

 

Stabilité incertaine pour les outils de fraisage, perçage et taraudage

 

Les données officielles concernant les outils de coupe en général et cylindriques en particulier sont difficiles à extraire des données officielles d’import-export des douanes. D’une part, le mélange des outils industriels et grand public induit des erreurs dans les statistiques, du perçage notamment. D’autre part, les affûteurs constituent désormais une source d’approvisionnement conséquente du marché, notamment en outils de fraisage et taillage, neufs et raffûtés. Ceci étant précisé et par recoupement de diverses données statistiques et d’investigations commentés par Olivier Dumoulin et Olivier Renaudin, le fraisage monobloc aurait représenté en 2018 un chiffre d’affaires moyen aux alentours de 100 millions d’euros en France, y compris les ventes des affûteurs, dont environ 5 % à 8 % pour l’outil en acier rapide HSS. Entre 2018 et 2017, les ventes de ce type d’outil auraient augmenté d’environ 4 %. La tendance pour 2019 serait nettement plus molle, voire étale. Moins impactées par la baisse du secteur automobile que celles en perçage, par exemple, les ventes en outils de fraisage bénéficient d’un nombre croissant d’opérations auparavant réservées aux outils de perçage. Cela évite les changements d’outils.
Le perçage avec outils monoblocs est une technologie touchant tous les secteurs, notamment bien implanté dans l’aéronautique. En 2018, ce marché aurait représenté 65 millions d’euros, dont 15 à 20 % constitués par des outils HSS. Ce marché aurait connu une baisse de 4 % entre 2017 et 2018. Cette baisse s’explique notamment par l’augmentation du raffûtage d’outils et la baisse du secteur automobile, grand consommateur d’outils de perçage. Les forets en outils carbure monobloc sont majoritairement présents dans les diamètres inférieurs à 16 mm. Au-delà de ces diamètres, l’utilisation d’embouts rapportés interchangeables couvre la plage allant jusqu’à l’utilisation des outils d’alésage à gros enlèvement.
Lié techniquement au perçage, le marché des outils de taraudage resterait stable dans la même période 2017-2018, entre 0 à + 2 % de variation. En raison des couples nécessaires dans cette technologie, les tarauds HSS, moins fragile que le carbure, constituent ici le plus gros marché avec une estimation de 35 millions d’euros vendus en 2018, dont seulement 10 à 15 % de tarauds monoblocs en carbure. Bien que performantes, les fraises à fileter restent encore un domaine de niche, réservé aux petites séries et aux techniciens possédant un savoir-faire de haut niveau. Ces chiffres ne tiennent pas compte des outils neufs proposés par les affûteurs, ceux-ci concentrant une telle offre sur le fraisage.
Le marché des plaquettes de coupe en carbure, toutes techniques de coupe confondues, représenterait environ 300 millions d’euros en 2018. Il est bien équilibré entre les outils à plaquettes de fraisage et perçage pour 150 millions, et les outils de tournage pour également 150 millions. Le marché important du tournage intègre le décolletage, qui pourrait être fortement impacté par la baisse de l’automobile, pesant environ pour 60 % dans le chiffre d’affaires de cette activité.

 

Faiblesses et forces impactant le secteur des outils coupants

 

La mutation du secteur automobile en cours revient très souvent dans la faiblesse prévisible du marché de l’outil coupant, car il représenterait entre 20 % et 30 % de la consommation. Mais la force du secteur aéronautique, dans une moindre mesure celle des secteurs médical ou naval compense en partie cette crainte. D’autre part, « la désindustrialisation de la France semble vraiment stoppée », disent d’une même voix les deux Olivier spécialistes de l’outil coupant. Commencée avec le lancement des pôles de compétitivité, poursuivi par les actions « Robocalisez » et « Industrie du Futur », renforcée par le suramortissement des investissements en fabrication numérique, la réindustrialisation de la France a été une préoccupation constante des trois dernières mandatures présidentielles. Elle permet aujourd’hui de mieux supporter dans l’Hexagone les effets d’une baisse qui se fait sentir déjà outre-Rhin. C’est une force nouvelle et il convient de s’en réjouir. Enfin, « la fabrication additive impacte encore peu la vente d’outils coupants », constatent les deux présidents. Au sein de la Fédération des industries mécaniques, l’action de leurs organisations professionnelles respectives est concertée, pour une meilleure efficacité des groupes. Cet état d’esprit est aussi à souligner, allant dans le sens du renforcement du secteur. (machinesproduction 19/12/19)

http://www.machinesproduction.fr/article/Machines-Production-A4799-L-outil-coupant-industriel-en-demi-teinte.html

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